Faciliter l'achat de son logement.
« Un prêt à taux zéro pour tous les primo-accédants. »
La France compte 57 % de propriétaires, contre environ 70 % en moyenne européenne, soit treize points d'écart et près de 3,5 millions de ménages. Il faut désormais quinze années de revenus pour acquérir cent mètres carrés, contre dix il y a vingt ans. Depuis 2019, la chute de l'accession explique près de 84 % du recul des achats et de la construction, et elle frappe d'abord les primo-accédants.
Refonder le prêt à taux zéro : réservé aux primo-accédants, ouvert sans distinction au neuf et à l'ancien, aux appartements comme aux maisons, et débarrassé de tout zonage. Un primo-accédant y aura droit où qu'il habite et quel que soit le bien qu'il achète, ce qui n'est le cas d'aucune version du dispositif depuis dix ans.
Le prêt à taux zéro sera financé par la prise en charge des intérêts par la Caisse des dépôts, et non plus par un crédit d'impôt pesant sur le budget de l'État. Le changement n'est pas comptable : il adosse le dispositif à l'épargne réglementée, dont c'est la vocation, et le met à l'abri des arbitrages budgétaires annuels qui l'ont raboté cinq fois en dix ans.
Le zonage est ce qui a vidé le prêt à taux zéro de son sens. Un dispositif censé aider les primo-accédants finissait par exclure une partie du territoire selon un découpage administratif que personne ne comprend, et qui ne correspond ni au prix du foncier ni aux revenus des ménages. Un primo-accédant est un primo-accédant, où qu'il habite.
Deux autres leviers seront déployés en complément. Le bail réel solidaire dissocie le foncier du bâti : le ménage achète les murs, un organisme conserve le terrain, ce qui permet une décote d'environ 30 % sur le prix d'achat. Le prêt social location-accession permet quant à lui d'occuper d'abord le logement comme locataire, en versant une redevance dont une part constitue une épargne, avant de lever l'option d'achat.
Le recul de la propriété fragilise aussi nos aînés. Un retraité locataire consacre une part considérable de sa pension à son loyer, quand un propriétaire sans emprunt dispose de la sienne entièrement. Faire de la France une nation de propriétaires, c'est préparer l'avenir des jeunes ménages et garantir le niveau de vie des retraités de demain.