Passer d'un État de méfiance à un État de confiance.
« La bonne foi du chef d'entreprise sera reconnue.. »
Depuis trop longtemps, l'État traite les chefs d'entreprise comme des suspects. La règle, le contrôle a priori et la menace contentieuse se sont imposés comme mode de gouvernement, en raison des fautes d'une minorité. Pour quelques comportements frauduleux, la grande majorité des entrepreneurs de bonne foi est pénalisée, confrontée à des contrôles excessifs et à une insécurité juridique permanente.
L'erreur non intentionnelle ne constituera plus une faute, sauf pour un socle de règles strictement limité : seule l'intention frauduleuse justifiera la sanction. Les contrôles seront concentrés sur la fraude, les erreurs non intentionnelles donnant lieu à des procédures de régularisation rapides et proportionnées. La charge de la preuve reposera sur les administrations et non plus sur les entreprises, et la responsabilité personnelle des dirigeants sera limitée aux fautes caractérisées. La formation des contrôleurs sera revue pour diffuser une culture de proportionnalité.
Il ne revient pas à l'État de se poser en autorité magnanime, accordant discrétionnairement un prétendu « droit à l'erreur ». L'action publique n'a pas à juger avec bienveillance, mais à qualifier juridiquement les comportements. La relation entre l'État et les entreprises sera déjudiciarisée et reposera sur une doctrine claire et opposable à l'ensemble des administrations.
Les administrations de contrôle doivent changer de logique : accompagner avant de sanctionner. L'inspection du travail, par exemple, doit conseiller en amont et proposer des aménagements de sécurité, plutôt que constater et sanctionner après coup.