Financer nos entreprises avec l'épargne.
« Un compte retraite pour chaque actif, et notre épargne qui finance nos usines. »
La réindustrialisation ne se décrète pas, elle se finance. L'épargne des Français est abondante, près de 6 000 milliards d'euros, mais massivement orientée vers des placements peu ou pas productifs, à commencer par la dette publique. Nos entreprises manquent des fonds propres nécessaires à l'investissement, à l'innovation et à la transmission. Nous finançons nos déficits avec l'argent qui devrait financer nos usines.
Réformer les produits d'épargne selon trois principes : simplifier les supports existants, rendre la fiscalité plus incitative pour l'investissement productif de long terme, et réorienter progressivement vers le capital des entreprises des flux aujourd'hui captés par la dette publique. Créer un étage de retraite par épargne, individuel, complémentaire et volontaire, avec un compte d'épargne retraite ouvert pour chaque actif.
Le compte d'épargne retraite sera alimenté par le redéploiement de flux existants : intéressement, participation, épargne volontaire. Il ne crée aucune cotisation nouvelle et ne pèse pas sur les finances publiques. Il ne retire par ailleurs aucune ressource au système par répartition, dont il ne modifie ni les cotisations ni les pensions.
Cette épargne longue sera gouvernée de manière paritaire, investie de façon diversifiée, prudente et transparente, et prioritairement orientée vers l'économie réelle : PME, industrie, infrastructures productives, secteurs stratégiques. L'objectif est de constituer à terme un socle de capital productif de l'ordre de 1 000 milliards d'euros.
Ce socle joue sur les deux tableaux à la fois. Il donne à nos entreprises les fonds propres qui leur manquent pour investir, et il donne aux actifs un complément de pension qui ne dépend pas du seul rapport entre cotisants et retraités. Les pays qui disposent d'un tel étage, des Pays-Bas au Danemark, financent mieux leurs entreprises et versent de meilleures retraites. Nous en sommes restés à un seul pilier.
Disons-le clairement, ce second étage complète la répartition, il ne s'y substitue pas. L'adhésion est volontaire, l'épargne appartient à celui qui l'a constituée, et aucun euro de cotisation vieillesse n'y est détourné. Ce que nous proposons n'est pas de remplacer la solidarité entre générations, c'est de cesser d'être le seul grand pays à n'avoir rien d'autre.