Confier la voie professionnelle aux régions et aux branches.
« Ceux qui connaissent les besoins du territoire décideront des formations à ces métiers. »
La voie professionnelle est pilotée depuis Paris, loin des bassins d'emploi et sans les entreprises qui recrutent. Résultat, des filières saturées coexistent avec des métiers qui ne trouvent personne, et 2,4 millions de chômeurs cohabitent avec 500 000 postes non pourvus. La voie professionnelle reste perçue comme une relégation, alors qu'elle devrait être une porte d'entrée vers l'emploi.
Retirer la voie professionnelle du giron de l'Éducation nationale. Les régions planifient la carte des formations par bassin d'emploi, financent les plateaux techniques et organisent les lycées professionnels. Les branches professionnelles définissent les référentiels de diplômes et les compétences attendues, et peuvent adapter jusqu'à 25 % des contenus aux besoins locaux. Les lycées professionnels convergeront vers le modèle des CFA d'ici 2032, sous la forme de Campus Métiers régionaux autonomes, cofinancés par les régions et les branches.
Transfert de compétence à moyens constants : les crédits et les personnels suivent la compétence, selon les règles applicables aux transferts aux collectivités. La modernisation des plateaux techniques sera soutenue par un sur-amortissement fiscal incitant les entreprises à équiper les établissements qui forment leurs futurs salariés.
Les régions détiennent déjà la compétence économique et connaissent les tensions de leurs bassins d'emploi. Elles sont donc les mieux placées pour décider quelles formations ouvrir et lesquelles fermer, décision aujourd'hui prise à distance et souvent trop tard.
Les Campus Métiers adopteront les standards qui font la réussite des CFA : gouvernance partagée avec les entreprises, pilotage par les besoins économiques, plateaux techniques mutualisés et mis à disposition des entreprises. Un même établissement offrira les parcours scolaires et les parcours d'apprentissage, du CAP au BTS, sans rupture ni changement de lieu. Les équipements y seront ceux que les élèves retrouveront en entreprise, et non ceux d'il y a vingt ans.
Ce n'est pas un aménagement, c'est une révolution culturelle. La voie professionnelle cesse d'être un choix par défaut pour devenir une filière d'excellence, première porte d'entrée vers l'emploi et vers la mobilité sociale.