Ne plus financer la recherche sans débouché industriel.
« Chaque euro public de recherche devra viser une innovation et une production concrète.. »
La France finance des découvertes que d'autres industrialisent. L'effort public de recherche se transforme trop rarement en activité productive sur notre sol, faute d'un lien organisé entre le laboratoire et l'usine. Les carrières y contribuent : passer de la recherche publique à l'entreprise reste, en France, une sortie plutôt qu'un parcours.
Conditionner tout financement public à un continuum clair entre recherche, innovation et production : un débouché industriel identifié, même lointain, et une trajectoire crédible vers le marché. Sanctuariser le crédit d'impôt recherche, tout en renforçant la lutte contre ses dérives. Rééquilibrer l'effort national au profit des sciences et technologies, avec jusqu'à 2 000 emplois de chercheurs redéployés. Faciliter la circulation des talents entre laboratoires publics et entreprises.
À budget constant. Il ne s'agit pas de dépenser davantage mais de cesser de financer ce qui ne débouche sur rien. Les financements seront conditionnés à un impact économique réel, évalué dans la durée, et le crédit d'impôt recherche est préservé intégralement.
Lorsque les entreprises ne s'engagent pas, ce n'est pas par frilosité mais parce que les débouchés sont incertains, voire inexistants. L'État n'a pas vocation à se substituer à cette réalité économique. Les financements publics seront donc prioritairement orientés vers des partenariats industriels concrets, assortis de résultats mesurables en production, en emplois et en compétitivité.
Le crédit d'impôt recherche restera le socle du dispositif français. Il est trop souvent contesté alors qu'il constitue l'un des rares avantages comparatifs que nous ayons conservés. Le sanctuariser ne dispense pas de corriger ses dérives, notamment les montages qui en détournent l'objet sans produire la moindre innovation.
Un chercheur doit enfin pouvoir passer du laboratoire à l'entreprise, et revenir, sans y perdre sa carrière. C'est ainsi que fonctionnent les écosystèmes allemand, américain ou israélien, et c'est l'un des verrous les plus faciles à lever.