Protéger les services publics et les entreprises contre les cyberattaques.
« Un plan Vauban numérique pour l'État et les hôpitaux. »
Les chaînes industrielles, les moyens de paiement, les hôpitaux et les collectivités sont régulièrement ciblés par des cyberattaques criminelles ou étatiques. Après dix ans d'errements, l'État est en train de perdre la bataille numérique : les attaques massives se sont enchaînées, au ministère de l'Intérieur, à l'Éducation nationale, à la DGFiP, sur les titres sécurisés, avec des millions de données d'identité dérobées. La réponse s'est résumée à réorganiser des organigrammes et à infliger quelques amendes.
Lancer un plan Vauban numérique sous pilotage de l'ANSSI : bascule accélérée des hébergements sensibles vers le cloud souverain, cartographie de toutes les dépendances critiques, stress tests technologiques réguliers. Créer au sein de l'ANSSI une inspection générale du numérique rapportant directement au Premier ministre. Organiser, sous pilotage du SGDSN et de l'ANSSI, une capacité de coupure maîtrisée des réseaux compromis, afin d'isoler les compartiments vitaux et de maintenir leur fonctionnement en cas d'attaque.
Un investissement nouveau de 2,3 milliards d'euros sur le quinquennat est prévu pour le plan Vauban numérique, le renforcement de l'ANSSI et de l'AMIAD, l'inspection générale du numérique et le recrutement cyber. Cette dépense vise à réduire des pertes aujourd'hui subies sans être comptées, arrêts d'activité, fraudes et reconstruction de systèmes.
Cette indigence numérique fait courir un risque très concret à chaque Français, usurpation d'identité, arnaques, chantage, et à chaque entreprise, fuite de données clients, arrêt d'activité, fraude au virement. Réorganiser deux directions n'a jamais sécurisé un système d'information : nous y répondrons par une stratégie, pas par un mécano bureaucratique.
La capacité de coupure maîtrisée est la mesure la moins spectaculaire et la plus décisive. Lorsqu'un réseau est compromis, la question n'est pas de savoir si l'on sera attaqué, mais si l'on saura isoler la partie touchée sans éteindre le reste. C'est exactement ce que l'on demande à un système électrique, et ce que notre administration ne sait pas faire aujourd'hui.
L'inspection générale du numérique rapportera au Premier ministre, et non au ministère contrôlé. C'est la seule manière de faire remonter une vulnérabilité que personne n'a intérêt à déclarer.