Multiplier par cinq les moyens de l’IA de défense.
L'IA n'est pas seulement un levier de croissance : elle est aussi un levier de survie stratégique. Dans la guerre hybride, la cyberdéfense, les systèmes autonomes, la lutte informationnelle, le renseignement et la supériorité opérationnelle, les nations qui retardent s'exposent. L'IA de défense est l'un des rares domaines où la France conserve encore un avantage compétitif, porté par son industrie de défense, ses laboratoires et ses forces armées.
Commander en priorité aux entreprises françaises et européennes les briques critiques de défense fondées sur l'IA : cyberdéfense, cryptographie, planification militaire, drones, robotique, outils d'aide à la décision, analyse du renseignement, navigation autonome et technologies quantiques. Multiplier progressivement par cinq, sur le quinquennat, les moyens consacrés à l'IA de défense, en concentrant l'effort sur quatre priorités : la cybersécurité, les drones et systèmes autonomes, la robotisation et le calcul quantique.
À partir d'une base de 130 millions d'euros par an en 2024, l'objectif est d'atteindre progressivement 650 millions d'euros par an sur le quinquennat. L'effort cumulé prévu sur cinq ans est de 2,5 milliards d'euros, dont 2 milliards inscrits dans la trajectoire de la loi de programmation militaire et environ 500 millions d'euros nouveaux. Un appui du Fonds européen de défense est envisagé.
Les agences et fonds existants — Agence de l'innovation de défense, Agence du numérique de la défense — devront changer d'échelle. Le financement s'appuiera sur la BPI, la Caisse des dépôts et consignations, des partenariats publics-privés et la réorientation d'une part de l'épargne longue des Français vers les technologies critiques.
La France doit également refuser les doctrines qui nous désarment unilatéralement face à des adversaires qui, eux, poursuivront leurs programmes. Notre ligne est celle d'une puissance responsable : nous définirons nos lignes rouges selon nos intérêts vitaux, notre droit et notre doctrine stratégique. C'est un avantage fragile : il faut l'amplifier maintenant.