Former des millions d’actifs à l’IA en deux ans.
Face au potentiel de l'IA, former massivement tous les Français, à tous les stades de leur vie professionnelle, dans le privé comme dans le public, est la condition du respect des chances de chacun, de la diffusion de la productivité et de la compétitivité nationale. La France consacre aujourd'hui à peine 0,2 % de son PIB à la formation des actifs en transition, soit trois à quatre fois moins que les pays européens les plus performants.
Former en deux ans plusieurs millions d'actifs à l'intelligence artificielle, avec un socle minimum de vingt heures, dans le privé comme dans le public. L'effort reposera sur trois étages : le plan de développement des compétences pour les entreprises, un compte personnel de formation rénové et cofinancé par l'employeur à hauteur de 20 %, et un abondement ciblé du CPF pour ceux qui n'ont pas d'employeur en mesure de cofinancer.
Le triplement progressif de l'effort de formation des actifs en transition est prévu sur le quinquennat, par redéploiement. L'investissement nouveau pour la formation, le CPF ciblé et la reconversion est estimé à 1,5 milliard d'euros sur cinq ans. L'abondement ciblé du CPF, de l'ordre du milliard d'euros, doit être financé par les économies de la réforme de la formation professionnelle.
L'IA doit servir le pays tout entier : le patient qui attend aux urgences, le salarié dont le métier change, l'enseignant qui veut transmettre, l'artisan qui se bat contre la paperasse, le maire qui administre sa commune, l'agriculteur qui pilote sa parcelle.
Cette formation ne se réduira pas à une sensibilisation superficielle. Elle portera sur les usages professionnels, la vérification de l'information, la sécurité, la coopération entre l'homme et la machine, l'automatisation des tâches répétitives et la montée en valeur ajoutée des métiers.
En amont, la France doit aussi former ceux qui construiront ces outils. Le nombre d'ingénieurs spécialisés en IA, informatique, robotique, mathématiques appliquées et infrastructures numériques sera doublé, et tous les cursus du supérieur devront intégrer un socle de maîtrise de l'IA adapté à leur finalité, de la médecine au droit et de la gestion à l'enseignement.
La reconversion s'appuiera en priorité sur les outils qui ont fait leurs preuves, préparations opérationnelles à l'emploi et transitions collectives. Le refus d'une offre correspondant aux qualifications acquises entraînera la suspension des indemnités : l'exigence est la contrepartie de la protection.