Créer des internats disciplinaires.
« Le harceleur part, jamais le harcelé.. »
Un élève devient ingérable, le conseil de discipline l'exclut, le rectorat le réaffecte, et le cycle recommence ailleurs. Les chefs d'établissement ont un mot pour cela : le mercato. Le Sénat a chiffré entre 70 000 et 81 000 les élèves frappés chaque année d'une exclusion, et la France ne dispose que de huit internats tremplin quand la circulaire de 2019 en promettait un par académie pour 2022.
Créer un réseau d'internats disciplinaires, au moins un par académie : scolarité complète, internat, encadrement renforcé par des professeurs volontaires et mieux rémunérés, éducateurs, lien permanent avec la protection judiciaire de la jeunesse. L'affectation sera décidée par l'autorité académique après des exclusions répétées, sans que le refus des parents puisse y faire obstacle. Restaurer les prérogatives des conseils de discipline, avec une échelle de sanctions claire et appliquée sans délai.
Ce mercato n'est pas une politique, c'est un aveu d'impuissance. Il ne protège personne : ni la classe qui subit, ni le professeur qu'on laisse seul, ni l'élève lui-même, qu'on déplace jusqu'à ce qu'il disparaisse des statistiques. C'est au bout de cette chaîne de renoncements que surviennent les drames dont nous découvrons ensuite, chaque fois, que tout le monde savait.
Nous assumons le mot : la discipline n'est pas une punition, c'est une protection, et d'abord celle des plus fragiles, l'élève qui veut travailler et qu'on en empêche, le professeur qu'on laisse tenir seul.
Ces internats ne seront pas des lieux de relégation. Nous savons ce qui arrive quand on rassemble des adolescents difficiles en confiant leur encadrement à des personnels précaires et sans formation : cela a été tenté en 2010, l'inspection générale l'a constaté, cela a échoué.
Nous ferons très différemment : personnels qualifiés et volontaires, classes de dix à douze élèves, accompagnement psychologique, parents tenus de s'impliquer, taux d'encadrement rendu public et évaluation indépendante publiée chaque année. La sortie sera prononcée au vu du comportement et des acquis, avec l'objectif d'un retour en classe ordinaire.