Créer une Réserve nationale des sciences.
Des ingénieurs et des chercheurs dans les classes, comme il y a des réservistes dans nos armées.
Créer, sur le modèle de la réserve opérationnelle de nos armées, une Réserve nationale des sciences. Dans chaque académie, elle rassemblera des ingénieurs, des chercheurs, des techniciens et des médecins volontaires, en activité ou à la retraite, qui interviendront dans les classes sous l'autorité du professeur : projets scientifiques menés dans la durée, expériences, visites de laboratoires et d'entreprises, témoignages de parcours, soutien scolaire. Ouvrir progressivement la réserve à d'autres disciplines, le français, l'histoire, les arts et les métiers d'excellence.
Leur mission ne sera pas d'occuper les enfants, mais d'allumer des vocations : montrer que la science est vivante, transmettre le goût de la preuve et de la démarche scientifique, dire à l'enfant d'un bourg ou d'une cité que ces métiers peuvent aussi être les siens.
Le réserviste ne remplace pas le professeur et ne fait pas cours à sa place. Il intervient avec lui, à son invitation, sur un projet défini par lui. C'est la condition pour que la réserve serve la classe au lieu de la déranger, et c'est ce qui la distingue des interventions ponctuelles dont l'école est déjà saturée.
Le vivier existe et il est immense. Plus de six cent mille actifs quittent chaque année la vie professionnelle, et beaucoup cherchent à transmettre ce qu'ils savent. Ce sont eux qui ont construit nos centrales, nos avions, nos vaccins, nos réseaux. Il serait absurde de laisser ce savoir s'éteindre à trois kilomètres d'une salle de classe.
La souveraineté scientifique ne commence pas dans les laboratoires, elle commence dans les classes, lorsque les élèves apprennent à calculer, raisonner, démontrer et distinguer une affirmation d'une preuve étayée. L'école primaire, le collège, le lycée, l'université, les laboratoires et l'industrie forment une même chaîne de production et de transmission des savoirs.