Protéger nos enfants : aucun adulte sans contrôle, la priorité aux femmes dans le périscolaire.
« Un criblage systématique et continu, partout où il y a des enfants. »
Bétharram n'était pas un accident isolé. La commission d'enquête de l'Assemblée nationale a recensé 1 198 faits de violences d'adultes sur des élèves dans les établissements publics en 2023-2024, dont 280 violences sexuelles, quand la CIIVISE estime à 7 000 le nombre d'enfants victimes chaque année en milieu scolaire. Le périscolaire est notre maillon le plus faible : un homme écarté d'un club de sport pouvait, le mois suivant, encadrer des enfants de trois ans dans une cantine.
Aucun adulte n'approchera un enfant sans avoir été contrôlé : enseignant, animateur, vacataire, accompagnateur, bénévole. Sur le modèle du Disclosure and Barring Service britannique, une vérification avant la prise de poste, puis une surveillance permanente qui alerte l'employeur le jour même où tombe une condamnation, et l'obligation pour tout employeur de signaler l'adulte écarté.
Donner la priorité au recrutement de femmes dans l'animation périscolaire auprès des enfants de maternelle, là où des adultes se retrouvent seuls avec des tout-petits. Toute condamnation pour violence sexuelle sur mineur entraînera l'interdiction définitive d'exercer au contact d'enfants. Sans exception et sans retour.
Ce contrôle vaudra partout où il y a des enfants : l'école, le périscolaire, les clubs de sport, les colonies, le soutien scolaire, les aumôneries. Aucun recrutement sans contrôle, même pour deux mois, même bénévole. L'accès au fichier sera garanti aux employeurs, sans quoi l'obligation resterait lettre morte, comme elle l'est aujourd'hui. À Paris, quinze enquêtes judiciaires ont été ouvertes en 2025 pour des agressions sexuelles dans des écoles maternelles, et des dizaines d'animateurs ont été suspendus depuis, pour beaucoup des vacataires recrutés dans l'urgence sans que la vérification du casier judiciaire, pourtant exigée par la loi, ait pu être conduite. Nous appelons cela un contrôle ; c'en est la caricature.
Sur la priorité au recrutement de femmes, disons les choses franchement, parce que personne n'ose les dire. Les chiffres de la MIPROF sont sans appel : 94 % des personnes mises en cause pour violences sexuelles et 99 % des auteurs condamnés sont des hommes, quand 57 % des victimes enregistrées sont des mineurs. Nous en tirons la conséquence, et uniquement là où elle s'impose : l'animation périscolaire auprès des enfants de maternelle, dans ces moments de cantine, de sieste et de vestiaire où un adulte se retrouve seul avec des enfants de trois ans qui ne savent ni se défendre ni raconter. Cela ne concerne ni l'enseignement, ni les autres niveaux, ni aucun métier exercé en présence d'autres adultes. Priorité ne veut pas dire exclusion : à candidature équivalente, le recrutement ira à une femme. Et si le droit actuel l'interdit, en France comme en Europe, alors nous changerons la loi et nous porterons ce combat à Bruxelles. Priorité aux enfants.
Et sans attendre, ce qui protège dès demain : jamais un adulte seul hors de vue avec un enfant, des locaux qui laissent voir, une formation annuelle obligatoire au repérage des violences, et dans chaque école comme dans chaque structure un référent protection de l'enfance formé, sur le modèle britannique. Avec une règle qui change tout : un adulte n'a pas à prouver, il doit signaler le moindre doute. C'est le silence qui sera sanctionné.