Mieux payer les professeurs, sur la fiche de paie.
« 135 euros nets de plus par mois en début de carrière, jusqu'à 300 en milieu. »
La rémunération des professeurs accuse un retard de 15 à 20 % sur la moyenne européenne, et les revalorisations récentes ont porté sur des primes conditionnées, jamais sur le traitement. Le résultat est là : en 2024, près de 4 000 postes sont restés vacants aux concours, et seuls 7 % des professeurs se disent reconnus par la société. Nous avons fait du plus beau métier du monde un métier que l'on déconseille à ses propres enfants.
Aligner intégralement le début de carrière sur la moyenne européenne, soit 135 euros nets de plus chaque mois, et combler au moins la moitié de l'écart au cœur de la carrière, soit environ 300 euros nets supplémentaires. Sur le traitement, pas sur les primes. Ouvrir des contrats de mission de cinq ans, mieux rémunérés, pour affecter les meilleurs professeurs là où la tâche est la plus rude, et en finir avec une gestion où le barème et l'ancienneté commandent tout.
Financé au dernier euro, sans un impôt nouveau. La France comptera 1,7 million d'élèves de moins dans dix ans : à taux d'encadrement constant, ce recul libère plus de 3 milliards d'euros par an en fin de quinquennat. Nous en prenons l'engagement : jusqu'au dernier euro, ces moyens iront aux rémunérations et aux conditions de travail, pas un centime d'économie sur l'école.
Aujourd'hui, une gestion aveugle envoie les enseignants les moins aguerris, et les moins payés, dans les classes les plus difficiles. Faute d'attractivité, le ministère recrute dans l'urgence des contractuels bombardés professeurs en quarante-huit heures. C'est indigne d'eux et injuste pour les enfants.
La gauche y verra l'occasion de recruter toujours plus. Nous posons une autre question : être toujours plus nombreux et toujours aussi mal payés, est-ce vraiment cela, la solution ?
Là où une discipline est rare ou un poste difficile à pourvoir, une indemnité spécifique viendra attirer et retenir. Les missions de coordination, de tutorat ou de formation des pairs seront reconnues et compteront dans la carrière. Et l'éducation prioritaire, aujourd'hui figée sur une carte obsolète, sera refondée et étendue aux territoires ruraux qu'on oublie toujours.