Sécuriser l’uranium, les batteries et le réseau électrique.
« Cinq ans de réserve d'uranium, et un réseau qui n'obéit qu'à nous. »
La France consomme environ 8 000 tonnes d'uranium naturel par an, 12 % de la consommation mondiale, et EDF ne dispose que d'un stock de deux ans de production. Par ailleurs, toute la chaîne de valeur des batteries, du lithium au graphite en passant par le cobalt et les terres rares, est sous contrôle chinois, de la mine à la cellule.
Porter les stocks stratégiques d'uranium naturel à cinq ans de consommation. Défendre au Conseil européen un programme industriel ambitieux sur les batteries, gigafactories et unités de transformation des matières actives, assorti de préférences d'achat européennes dans les marchés publics de défense et d'énergie. Neutraliser les vulnérabilités cyber du réseau, à commencer par les onduleurs photovoltaïques pilotables à distance.
Environ 219 GW de capacité solaire européenne reposent sur des onduleurs de fabricants chinois susceptibles d'en conserver l'accès à distance : selon l'European Solar Manufacturing Council, 70 % des onduleurs installés en 2023 venaient de Huawei ou de Sungrow, et la situation est comparable en France. Le risque est celui d'une désynchronisation massive du réseau.
Cette vulnérabilité technique s'inscrit dans un contexte juridique préoccupant : l'article 7 de la loi chinoise sur le renseignement de 2017 oblige toute entreprise chinoise à coopérer avec les autorités de l'État. Des précédents existent, dont nous nous inspirerons. La France a pris des décisions claires sur la 5G à partir de 2019, et la Lituanie a interdit en mai 2025 tout accès à distance par des fabricants issus de pays à risque aux installations dépassant 100 kW.
Sur l'uranium, aucun pays européen ne peut reconstituer seul une capacité minière complète : l'effort sera porté à l'échelle européenne, en s'appuyant sur le portefeuille d'actifs diversifié d'Orano et sur le soutien constant de l'État à cet objectif stratégique.