Prolonger les centrales nucléaires jusqu’à 80 ans.
« Un horizon à 80 ans au lieu d'autorisations de dix ans en dix ans. »
« Les centrales françaises sont conçues pour 40 ans » : c'est faux. Les 40 ans ne sont pas une limite technique, mais une durée d'amortissement choisie par les comptables d'EDF. Le vrai défaut du système est ailleurs : les autorisations de fonctionnement sont renouvelées par tranches de dix ans, ce qui prive les exploitants de toute visibilité longue.
Fixer d'emblée un horizon de 80 ans. Les contrôles décennaux de l'autorité de sûreté ne disparaissent pas, mais leur rôle change : au lieu de décider si la centrale peut survivre dix ans de plus, ils vérifient qu'elle reste sur la trajectoire prévue. Aujourd'hui on investit pour dix ans en espérant continuer. Demain on investira pour quatre-vingts.
Le grand carénage représente environ 6 milliards d'euros par an. Étalé sur une durée bien plus longue, son poids dans le prix du kilowattheure baisse d'autant : la prolongation rend l'électricité nucléaire moins chère, elle ne coûte rien. La mise en œuvre est conditionnée aux conclusions de l'ASNR sur le fonctionnement au-delà de 60 ans, attendues en novembre 2026.
EDF a déjà commencé à réviser ce cadre : en 2016, la durée d'amortissement des réacteurs de 900 MW a été portée à 50 ans, et les EPR2 sont conçus dans une logique de 60 ans. Aux États-Unis, l'autorité de sûreté accorde des licences allant jusqu'à 80 ans, sous réserve que les réacteurs respectent en permanence leurs exigences de sécurité d'origine.
La plupart des équipements d'une centrale peuvent être remplacés au fil du temps, à l'exception de la cuve du réacteur. Ce plan ne garantit pas que chaque réacteur atteindra les 80 ans. Il garantit que nous exploiterons au maximum le potentiel d'un parc déjà construit et déjà payé, au lieu de le laisser s'éteindre faute de visibilité.