Ne plus arrêter un réacteur faute de débouché.
« Aucun réacteur arrêté parce qu'il produit trop bien. »
Le système électrique français est en surcapacité et le restera au moins dix ans : d'ici 2035, une production potentielle de 600 TWh pour une consommation de 450 à 500. En 2025, 16 TWh d'électricité décarbonée ont été gaspillés, et les pertes de production nucléaire pourraient atteindre 85 TWh en 2035, soit un cinquième de la capacité du parc.
Inscrire dans la loi qu'aucun réacteur en service ne peut être forcé à l'arrêt faute de demande. RTE calculera en temps réel le niveau de production minimum et déclenchera automatiquement une priorité de production en faveur du nucléaire. Élargir significativement les plages d'heures creuses et rendre l'écart de prix réellement incitatif. Transférer aux gestionnaires de réseaux la gestion des obligations d'achat d'électricité renouvelable, aujourd'hui confiée à EDF.
Les autres moyens de production devront s'effacer sans droit à compensation, cette contrainte étant réputée connue dès la décision d'investissement pour toute installation mise en service après l'entrée en vigueur de la loi. Aux frontières, la restriction des capacités d'interconnexion sera traitée comme une contrainte de sûreté du réseau national et n'ouvrira droit à aucune compensation.
La plupart des grands postes de consommation peuvent être décalés vers les heures où l'électricité est abondante et bon marché, en particulier en milieu de journée : chauffe-eau, chauffage, recharge des véhicules. Ce déplacement est possible parce que l'énergie se stocke en aval, dans l'eau chaude, la chaleur des murs, la batterie d'une voiture.
Le levier est puissant des deux côtés : des factures plus basses pour les ménages, et un système électrique plus efficace, avec moins de modulation nucléaire, moins de production renouvelable gaspillée et moins de renforcements de réseau. La France notifiera ce mécanisme à la Commission européenne comme une mesure de sûreté du système électrique national.