Produire et stocker plus d’électricité grâce aux barrages.
« 4 GW d'hydroélectricité en plus, la plus grande batterie de France. »
Le parc hydroélectrique français, 26 GW de capacité, a en moyenne une soixantaine d'années. Les barrages et les stations de transfert d'énergie par pompage sont la seule forme de stockage d'électricité à grande échelle dont nous disposions. Mais le renouvellement des concessions, soumis à mise en concurrence européenne depuis 2004, a créé une incertitude juridique qui bloque les investissements.
Remplacer le régime des concessions par un régime d'autorisation, avec un droit d'exploitation de 70 ans pour les opérateurs actuels et l'ouverture d'au moins 40 % des capacités à des tiers, sous forme de droits de production virtuels mis aux enchères. Moderniser les installations existantes : EDF estime pouvoir ajouter 4 GW, soit 20 % de plus, dont 2 GW dès 2035. Remettre à l'étude le projet de STEP de Redenat, abandonné depuis 1982.
L'augmentation de puissance de la STEP de Montézic, de 920 à plus de 1 300 MW, représente 500 millions d'euros. Le projet de Redenat, 1 100 MW, est estimé à 1 milliard d'euros. Ces investissements sont portés par les opérateurs, que le nouveau régime d'autorisation sécurise enfin sur la durée.
Deux conditions non négociables encadrent l'ouverture : la sûreté des ouvrages ne sera jamais sacrifiée à une logique de rentabilité de court terme, et la gestion coordonnée des réservoirs par vallée, actif stratégique national, sera préservée. Les barrages à vocation mixte jouent en outre un rôle essentiel pour l'irrigation agricole.
Les micro-STEP sont un outil méconnu. Dès lors que le terrain offre un dénivelé supérieur à 300 mètres, leur coût de production rejoint celui des grandes stations, pour une puissance unitaire d'une dizaine de mégawatts et une fabrication intégralement française. Elles sont particulièrement pertinentes outre-mer, où l'électricité est encore produite au diesel, 300 à 400 euros par MWh, ou à partir de biocarburants importés, près de 600 euros.