Préparer les réacteurs nucléaires de quatrième génération.
« Des siècles d'électricité déjà stockés sur notre sol. »
La prolongation du parc actuel est notre socle à moyen terme, mais notre capacité à franchir la frontière technologique de la quatrième génération conditionne sa pérennité. Les réserves mondiales connues d'uranium naturel permettent au parc actuel de fonctionner jusqu'à la fin du siècle. Si la capacité nucléaire mondiale triplait d'ici 2050, elles seraient épuisées vers 2055.
Accélérer le calendrier arrêté par le Conseil de politique nucléaire du 12 mars 2026 en relançant immédiatement, en complément des études d'ingénierie, les programmes de recherche expérimentale sur un démonstrateur. Viser la mise en service d'un premier réacteur de puissance en 2045, avec ses usines de fabrication et de retraitement des combustibles. Il s'agit de reprendre les travaux interrompus en 2019 avec l'arrêt du programme ASTRID.
Les réacteurs à neutrons rapides sont la seule technologie capable d'exploiter la quasi-totalité de l'uranium naturel. Celui-ci est composé à 99,3 % d'uranium 238 et à 0,7 % seulement d'uranium 235 ; les réacteurs actuels ne fissionnent que cet uranium 235 minoritaire, quand les réacteurs rapides fissionnent aussi l'uranium 238 et le plutonium produit par le parc. Le potentiel énergétique des matières disponibles est ainsi multiplié par 140.
La France a accumulé sur son territoire des stocks considérables d'uranium appauvri. Cumulés au plutonium déjà produit, ils représentent plusieurs centaines de milliers de tonnes de matières énergétiques : une ressource stratégique unique en Europe, équivalente à plusieurs millénaires de consommation électrique française. Nous disposons de la matière, du savoir-faire et de plus de quarante ans de recherche qui nous avaient placés au premier rang mondial. Il ne manque qu'une décision.