Traiter la pénibilité métier par métier.
« La pénibilité enfin traitée par ceux qui connaissent les métiers. »
Un couvreur et un cadre de bureau ne s'usent pas de la même façon au travail. La règle actuelle des carrières longues les traite pourtant de la même manière, puisqu'elle dépend seulement de l'âge auquel on a commencé à travailler. Elle permet ainsi à un polytechnicien salarié dès ses 20 ans de partir plus tôt, sans rien dire de l'usure réelle des métiers.
La pénibilité sera traitée branche par branche, métier par métier, par les partenaires sociaux, qui savent qui s'use vraiment au travail. Chaque branche financera les aménagements de fin de carrière à partir de 63 ans, qu'il s'agisse de temps partiel, d'adaptation des postes, de reconversion ou de rachats de décote pour partir plus tôt dans les métiers usants. Pour ceux qui ne peuvent plus travailler, rien ne change. Les assurés inaptes ou invalides gardent un départ à taux plein à 62 ans, et la retraite anticipée des travailleurs handicapés dès 55 ans est intégralement maintenue.
La totalité de l'enveloppe aujourd'hui consacrée aux carrières longues sera confiée aux partenaires sociaux. Chaque branche négociera ses priorités avec les financements qui vont avec.
Pour les salariés que la maladie ou le handicap empêchent de travailler, le départ anticipé reste ouvert au cas par cas. Pour tous les autres, l'usure sera appréciée par ceux qui connaissent les métiers, au plus près du terrain.
Un maçon de 62 ans, usé par trente-cinq ans de chantiers, pourra demain bénéficier d'un temps partiel de fin de carrière financé par sa branche, ou d'un rachat de décote pour partir dès 63 ans. Cette décision reviendra à ceux qui connaissent son métier.