Pouvoir partir dès 63 ans, à 65 ans pour un taux plein garanti .
« Le droit de partir dès 63 ans. À 65 ans, le taux plein sera garanti à tous. »
Notre système superpose un âge légal de 62 ans et 9 mois, une durée de cotisation de 42 ans et demi et un âge d'annulation de la décote fixé à 67 ans. Personne ne sait dire simplement à quel âge il pourra partir, ni avec quelle pension. Et ce système n'est plus financé. Il lui manque au moins 40 milliards d'euros chaque année, que nous empruntons, soit environ un quart du déficit public de la France.
Partir dès 63 ans sera un droit, et chacun connaîtra à l'avance le montant de sa pension selon l'âge qu'il choisit. À 65 ans, le taux plein sera garanti à tous, quels que soient les trimestres cotisés ou validés. Ces deux âges seront les mêmes pour les salariés du privé et pour les agents publics. Ils évolueront ensuite avec l'espérance de vie, selon une formule inscrite dans la loi.
La réforme des âges rapportera près de 9 milliards d'euros à l'horizon 2032. Elle permettra de redresser nos retraites sans augmenter des cotisations qui atteignent déjà 28 % dans le privé, un record mondial.
La réforme distingue enfin deux choses que le système actuel confond. La durée de cotisation fixe le montant de la pension. Avec 41 années cotisées sur 43, on touche 41/43e de sa pension, et cette règle de justice contributive est conservée. L'âge de départ, lui, engage le pays tout entier, parce qu'il commande le travail des seniors et donc notre prospérité.
Le barème est connu des années à l'avance. Chaque année de départ avant 65 ans réduit la pension d'environ 7 %, pour la retraite de base comme pour la complémentaire. Un départ à 63 ans donne ainsi droit à 86 % de la pension, un départ à 64 ans à 93 %, un départ à 65 ans ou plus à 100 %. Un salarié dont la pension de référence est de 1 800 euros touchera 1 548 euros s'il part à 63 ans, 1 674 euros à 64 ans et 1 800 euros à 65 ans. Il connaît ces montants à l'avance et choisit librement, ce qu'il ne peut pas faire aujourd'hui.
Personne ne verra sa retraite bouleversée du jour au lendemain. Pour un départ en 2027, le droit actuel s'applique. Ensuite, l'écart entre la pension calculée selon l'ancien système et celle calculée selon le nouveau est plafonné, dans un sens comme dans l'autre, à 3 % en 2028, 6 % en 2029 et 12 % en 2030, avant le plein régime en 2031.
Le lien avec l'espérance de vie figurait déjà dans la réforme Fillon de 2003, sans avoir jamais été appliqué. Beaucoup de nos voisins l'ont adopté. Nous le mettrons enfin en œuvre pour assurer l'équilibre de nos retraites sur le long terme, bien au-delà d'un quinquennat. Quand on vit plus longtemps, on travaille un peu plus longtemps, et chacun le sait à l'avance.