Rendre le travail toujours gagnant pour ceux qui ont commencé tôt.
« 14 % de salaire net en plus pour ceux qui ont commencé tôt. »
La France se prive de l'expérience de ses seniors. Seuls 36 % des 60-64 ans sont en emploi, contre 60 % en moyenne en Europe. Ceux qui ont commencé à travailler tôt réunissent souvent leur carrière complète avant de pouvoir partir. Des règles illisibles et un coût du travail dissuasif en fin de carrière poussent pourtant beaucoup d'entre eux à quitter l'emploi plus tôt qu'ils ne le souhaiteraient.
Celui qui a commencé tôt et réunit sa carrière complète avant 63 ans, soit 43 années cotisées, gagnera environ 14 % de salaire net en plus s'il continue de travailler. Son salaire ne paiera plus de cotisations retraite ni chômage, ce qui allège aussi le coût de son travail pour l'employeur. Sa carrière complète sera reconnue, puisque le taux plein lui sera garanti dès 63 ans, par dérogation au barème.
Le maintien en activité finance la mesure. Pour les finances publiques, l'effet devient neutre, voire positif, dès que 10 % de seniors supplémentaires choisissent de prolonger leur activité.
Karim a 59 ans. Ouvrier, il travaille depuis ses 19 ans. Avec les règles actuelles, il aura sa carrière complète à 62 ans mais devra attendre l'âge légal pour partir à taux plein. Avec la réforme, son salaire ne paiera plus de cotisations retraite ni chômage jusqu'à 63 ans, ce qui lui rapportera 14 % de net en plus, et le taux plein lui sera garanti dès 63 ans.
L'allègement profite aussi à l'employeur, qui a davantage intérêt à garder un salarié expérimenté. L'entreprise conserve ses compétences et l'emploi des seniors progresse.
La surcote et le cumul emploi-retraite rénové s'ouvrent, eux, à partir de 65 ans, selon le droit commun.