Donner à chaque salarié un capital pour sa retraite.
« Moins de cotisations, et un capital à soi. »
Dans une société qui vieillit, ce que rapporte un euro cotisé en répartition diminue mécaniquement, et plus de la moitié des actifs ne croient plus aux promesses du système auquel ils cotisent. La France est l'un des derniers grands pays développés à se priver d'un second moteur, puisque la capitalisation ne finance que 2,5 % de nos pensions. Pendant quarante-cinq ans, la création de valeur a enrichi les épargnants du monde entier et les plus aisés d'entre nous, et les Français les plus modestes en ont été privés.
Chaque salarié, du privé comme du public, aura un capital à son nom pour sa retraite, sur un compte individuel bloqué jusqu'à son départ et protégé par la Constitution. Ce capital se constituera sans alourdir la charge de ceux qui travaillent, puisque les prélèvements sur le travail baisseront dans le même temps. La répartition reste le socle de nos retraites, et les cotisations qui paient les pensions d'aujourd'hui ne bougent pas.
Le compte est alimenté par une cotisation de 1 % du salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, versée pour moitié par le salarié et pour moitié par l'employeur, soit 6 milliards d'euros à l'horizon 2032. Dans le même temps, notre projet baisse les cotisations de 30 milliards d'euros, moitié pour les salariés, moitié pour les employeurs, une baisse gagée sur des économies et non sur la dette. Dans la fonction publique, la cotisation de retraite additionnelle sur les primes sera doublée et versée sur le compte.
Prenons un salarié non-cadre payé 2 000 euros bruts par mois. Aujourd'hui, 440 euros de cotisations sont prélevées sur son salaire. Demain, il en paiera 387,50, et 10 euros iront sur un compte à son nom, que son employeur complétera de 10 euros. Son salaire net passe de 1 560 à 1 602,50 euros. Sur l'année, il gagne 630 euros, dont 510 euros de salaire net et 120 euros d'épargne retraite.
La part du salaire consacrée aux pensions d'aujourd'hui, 28 % entre le salarié et l'employeur, ne change pas. Le 1 % supplémentaire va sur un compte au nom du salarié, et la baisse des autres cotisations est bien plus forte. Au total, le travail sera moins prélevé qu'aujourd'hui.
Nous visons un rendement d'au moins 4 % par an. À ce rythme, le 1 % constitue à lui seul environ 27 000 euros sur une carrière complète, en euros courants. Avec la participation et l'intéressement, versés par défaut sur le compte à raison de 1 000 euros par an, le capital atteint environ 118 000 euros en quarante ans. L'objectif est qu'à terme la capitalisation finance 25 à 30 % de la retraite des jeunes qui entrent aujourd'hui sur le marché du travail. Les retraités actuels ne sont pas concernés.
Nathalie, 45 ans, est professeure certifiée. Ses primes représentent une part croissante de sa rémunération et ne lui ouvrent presque aucun droit à retraite. Avec la réforme, la cotisation sur ses primes sera doublée et versée sur son compte individuel. Les primes des enseignants, des infirmiers ou des policiers ouvriront enfin des droits.
La gestion est confiée aux partenaires sociaux, sur le modèle de l'Agirc-Arrco, avec des gestionnaires choisis par appel d'offres. Les fonds sont labellisés, avec des frais plafonnés et sans produits opaques, et l'épargne est investie dans l'économie française. L'État n'interviendra en aucune manière dans ce pilotage. À la retraite, chacun choisira de sortir son épargne en capital ou en rente.
La preuve existe déjà en France. Le RAFP, régime public qui fonctionne par capitalisation, sert 4,2 % par an depuis 2006, sans un seul incident. Le vrai risque serait de continuer à adosser toutes nos pensions à la seule signature d'un État endetté à 115 % du PIB.